Faire payer Bing pour une indexation exclusive : faut-il croire au plan de Murdoch ?
Par Webving le lundi 16 novembre 2009, 15:22
J'avoue comme beaucoup m'être dit que Murdoch avait perdu la tête en parlant de faire désindexer ses sites de Google. Par "Google", je pensais en européen moyen "les moteurs de recherche en général". Mais non, ici le nom "Google" n'était pas un terme générique, mais désignait bien spécifiquement le moteur populaire.
UPDATE 18 novembre: Murdoch ne pense pas que Bing aie envie de payer pour du contenu exclusif, ce n'est donc probablement pas son plan. Je dis probablement parce qu'en ce moment il semble dire beaucoup de choses, voir ce qui en sort, mais n'a agi dans aucune direction. http://paidcontent.org/article/419-video-murdoch-bing-cant-afford-exclusive-news-deals/
c'est par cet article de Techcrunch que je me suis rendu compte que j'avais tout faux:
http://www.techcrunch.com/2009/11/13/murdoch-google-bing-mexicanstandoff/
J'aurais dû le comprendre tout de suite après l'annonce de l'accord d'indexation de twitter (http://mashable.com/2009/10/21/google-twitter-search-deal/): la raison d'être des moteurs étant d'indexer du contenu, si une source conséquente est occupée par un concurrent qui érige une barrière autour, un problème se pose.
Voilà tout le principe de ce que veut Murdoch: rendre l'information numérique rare donc cher. En désindexant son contenu de Google, et en en proposant l'exclusivité à Bing (qui n'hésitera pas à payer), le magnat suit plusieurs pistes:
- gagner de l'argent directement sur la vente du contenu, et pas seulement sur l'espace pub, l'abonnement ou le marketing direct, insuffisant de nos jours pour faire vivre la production de contenu
- redevenir celui qui est en position de définir ses conditions, il a trois "gros" moteurs à faire enchérir: deux pour qui une exclusivité sur une grosse masse de contenu serait une aubaine, dont un qui a les moyens de payer, et un troisième qui doit en ce moment se demander les risques de voir disparaître toute ou une grosse partie de la murdocherie de son inventaire
- enfin, entraîner tous les éditeurs avec lui, en espérant décupler la douleur de l'épine du point 2
Alors le début de la fin de la gooprémacie ?
Bof.
Il faudrait que l'intégralité ou presque des médias en ligne migrent vers une exclusivité hors-google pour le rendre très vulnérable. Hors, depuis plusieurs années que le modèle actuel tourne, au grand regret initial des éditeurs au début, les gens se sont habitués et adaptés. J'imagine que certains n'attendent que ça: que les gros partent faire de l'exclusivité ailleurs, pour rester sur Google avec un univers concurrentiel fortement réduit et une grosse part de marché à prendre.
Et ce n'est pas comme si Google ne faisait que prendre sans donner, Adsense est une source de revenus pour un paquet d'éditeurs de contenus. Et puis si Bing est prêt à payer pour le contenu de News Corp., ce n'est pas non plus un trésor infini capable de payer d'avance toute la longue traine... Son objectif est surtout de faire de l'actualité un produit d'appel exclusif, un peu comme les opérateurs de téléphonie s'arrachant la distribution de l'iphone.
Je trouve que c'est jouer avec panache de la part de Murdoch, mais je ne crois pas trop à son succès. J'ai peut-être faux encore ; après tout, il y a encore 5 ou 6 ans, la référence de l'actu indexée, c'était Yahoo!
Update un peu plus tard: un chouette article de Francis Pisani sur le même sujet:
http://pisani.blog.lemonde.fr/2009/11/16/murdoch-cherche-chair-a-canon-contre-google/
Commentaires
Ben c'est calme par ici :))
bin ces derniers jours j'ai fait davantage de rouleau à précouche-peinture-colle-toile de verre que de web j'avoue. Et ça fait un bien fou !